L’Assemblée nationale congolaise est secouée par une nouvelle tempête politique. Une pétition réclamant la destitution de Vital Kamerhe de la présidence de la chambre basse a été officiellement déposée, ce lundi 15 septembre 2025, le jour de la rentrée parlementaire. Cette initiative intervient dans un climat marqué par des tensions internes au sein de la majorité et des rivalités autour du contrôle de l’institution.

Une pétition qui prend de l’ampleur

Selon les initiateurs, le texte vise non seulement Vital Kamerhe mais aussi la majorité des membres de son bureau, à l’exception de deux vice-présidents. Le nombre de signatures récoltées varie entre 131 à plus de 240, preuve que la dynamique est déjà bien engagée. Les initiateurs cherchent à rallier un maximum de députés, y compris ceux qui avaient auparavant soutenu Kamerhe.

L’UDPS au centre des interrogations

Parti présidentiel et première force politique à l’Assemblée, l’UDPS se retrouve au cœur de cette bataille. Si certains initiateurs affirment vouloir obtenir son appui pour légitimer la démarche, la direction du parti, par la voix de son secrétaire général Augustin Kabuya, a nié être à l’origine de la pétition. Elle assure qu’aucune décision officielle n’a encore été prise dans cette optique. Cette ambiguïté alimente les spéculations sur une possible fracture au sein de la majorité.

Kamerhe joue l’apaisement

Face à cette fronde, Vital Kamerhe a profité de son discours d’ouverture de session pour défendre son bilan et réaffirmer sa loyauté. Il a rappelé les sacrifices consentis dans sa carrière politique, notamment sa démission en 2007 lors des opérations militaires conjointes avec le Rwanda, et assuré avoir toujours choisi « le camp de la République ». Dans un ton conciliant, il a présenté ses excuses aux députés qu’il aurait pu offenser, se décrivant comme un « pacificateur » décidé à poursuivre sa mission. Il a également annoncé la création d’une académie de formation parlementaire en partenariat avec l’ENA, un geste destiné à répondre aux doléances des jeunes élus.

Un bras de fer aux conséquences politiques

Cette pétition illustre les fractures qui traversent la majorité présidentielle. Au-delà de la personne de Vital Kamerhe, c’est l’équilibre des forces au sein de l’Assemblée qui est en jeu. Si la démarche aboutit, elle pourrait redistribuer les cartes dans la coalition au pouvoir et fragiliser davantage la stabilité politique. Mais en se posant en homme de dialogue et de loyauté, Kamerhe tente de désamorcer la crise et de maintenir son rôle central dans l’appareil institutionnel.




Emmanuel Kalasa